“Sans l’aide de Dong-Hanh, je n’aurais pu jamais poursuivre mon doctorat”

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DOAN Minh Y Nhi (boursière en 2005)

ENTRETIEN AVEC DOAN MINH Y NHI (BOURSIÈRE 2005)

« J’ai eu le plaisir d’interviewer Nhi cet après-midi, qui actuellement poursuit son doctorat à l’Université de Connecticut. Nhi pense que cette opportunité n’aurait pas été réalisée sans l’aide de l’Association de Dong-Hanh. Lisez la suite pour apprendre davantage sur le voyage extraordinaire de Nhi de la province Binh Thuan aux Etats-Unis. » (Murphy)

Pourriez-vous, s’il vous plaît, décrire votre vie avant l’obtention d’une bourse de Dong-Hanh ? 

J’ai grandi dans une petite ville de la province de Binh Thuan, qui est à environ cinq heures de route de Ho Chi Minh-Ville. Depuis que ma mère avait été blessée dans un accident et était incapable de travailler, nous nous sommes appuyés uniquement sur mon père pour tout soutien financier. Il était professeur de lycée et son revenu soutenait le reste de la famille, y compris ma mère, ma grand-mère, mon frère, ma sœur et moi. En plus de tout cela, je comptais sur lui pour payer mes frais de scolarité. Ce n’était pas une situation facile.

Vous êtes allée à quelle université ?

Je suis allée à l’Université des Sciences à Ho Chi Minh-Ville et je me suis spécialisée en Chimie.

Comment avez-vous entendu parler de Dong-Hanh ?

Il y avait un bulletin d’information à mon université, qui listait les opportunités de bourses. J’ai vu la bourse de Dong-Hanh et a été impressionnée par le fait qu’elle était distribuée par des étudiants vietnamiens en France. J’étais d’abord surprise, puis très heureuse quand j’ai reçu la bourse.

Comment avez-vous utilisé la bourse ? Pensez-vous que la bourse de Dong-Hanh vous a aidée à atteindre vos objectifs ?

Par coïncidence, le jour où je me suis vue remettre la bourse était le jour où ma mère subissait une chirurgie à Ho Chi Minh-Ville, alors j’ai utilisé la moitié de la valeur de la bourse pour payer son opération et l’autre moitié pour mes propres coûts de vie dont la plupart était ceux de nourriture et de livres.

Je pense vraiment que Dong-Hanh m’a aidée à atteindre mes objectifs, surtout avec mes plans futurs. Après avoir terminé ma licence, j’ai obtenu deux offres de master, l’un du programme Erasmus et l’autre d’une université au Canada. Dao Ha, une membre de Dong-Hanh, m’a donné beaucoup de conseils sur quel programme je devrais choisir. Elle a demandé à ses amis et m’a aidée à prendre une décision éclairée.

J’ai finalement choisi la bourse d’Erasmus Mundus et puis me suis inscrite à l’Université de Bologne en Italie pour la première année et l’Institut royal de technologie de Suède pour la deuxième année. Quand j’avais terminé mon master, j’ai été acceptée à un programme de doctorat aux États-Unis.

J’ai passé des moments déprimants au cours de la première année de mon master. Heureusement, Dao Ha a discuté avec moi par e-mail, m’a remonté le moral et m’a donné beaucoup de conseils. Elle m’a présentée aux autres membres de Dong-Hanh et j’ai aidé l’association à évaluer des candidatures de bourses deux fois par année, ce qui m’a rapproché à la communauté de Dong-Hanh. Evaluer des dossiers m’a beaucoup motivée et inspirée. Les candidats m’ont rappelée qu’il existait encore de nombreux étudiants dont les situations étaient beaucoup plus difficiles que la mienne, mais ils étaient toujours ambitieux, ce qui m’a motivée à rester forte. Je me sentais vraiment comme un membre de Dong-Hanh après tout cela.

Qu’avez-vous fait après la bourse de Dong-Hanh ?

J’ai reçu des bourses de Dong-Hanh trois fois. Après ma licence, j’ai travaillé comme assistant d’enseignement à l’Université des Sciences à Ho Chi Minh-Ville. J’ai ensuite reçu une bourse d’Erasmus Mundus et étudié en Italie et en Suède avant d’être acceptée au programme de doctorat de l’Université de Connecticut, où je suis aujourd’hui.

Que faites-vous maintenant ?

Je fais actuellement une thèse de doctorat  en polymères à l’Université de Connecticut. Ma recherche se concentre principalement sur les biocapteurs. Mon principal projet est la construction d’un dispositif de point-of-care pour la détection du cancer, ce qui est bénéfique pour les pays en développement. Mon projet secondaire est de développer des capteurs de glucose chez les patients diabétiques. Je suis ici depuis deux ans et demi, et il me reste encore trois ans.

Quels sont vos plans/rêves pour l’avenir ?

C’est une question difficile car j’ai encore trois années d’études à achever, mais après mes études je pourrais postuler pour un post-doctorat en Amérique puis chercher un emploi, soit aux États-Unis, soit en Europe. Je veux acquérir plusieurs années de l’expérience à l’étranger en tant que chercheur dans un laboratoire, parce que cinq ans de doctorat n’est pas suffisant comme expérience professionnelle. J’aimerais finalement retourner au Vietnam et y travailler une fois que j’aurai eu assez d’expérience.
Merci beaucoup pour votre temps et nous souhaitons tous à Nhi la meilleure des chances pour l’avenir !

Entretien réalisé par Murphy McAnulty, 

stagiaire à Dong-Hanh (2014)